Le nombre de victimes de ransomwares ne cesse d’augmenter, et le rythme s’accélère

Les ransomwares ne ralentissent pas. Selon de nouveaux chiffres rapportés par The National CIO Review, 7 551 victimes de ransomwares divulguées publiquement ont été recensées entre avril 2025 et mars 2026, soit un bond de 24,9 % par rapport à l’année précédente. Ce seul constat serait déjà notable, mais le détail le plus révélateur est l’endroit où cette croissance s’est produite : l’augmentation n’a pas été répartie uniformément sur l’année. Elle s’est concentrée au second semestre, où la moyenne mensuelle de victimes a presque doublé, passant de 484 à 775.

Ce type d’accélération compte davantage que le total annuel. Une progression régulière suggère un problème persistant auquel les organisations s’adaptent progressivement. Un pic marqué en milieu d’année suggère que quelque chose a changé, qu’il s’agisse de l’arrivée de nouveaux groupes de ransomwares, de groupes existants intensifiant leurs opérations, ou simplement de victimes exposées publiquement plus rapidement à mesure que les tactiques d’extorsion évoluent.

Pourquoi le pic du second semestre est le vrai sujet

Les opérations modernes de ransomwares reposent de plus en plus sur la « double extorsion », où les attaquants ne se contentent pas de chiffrer les systèmes d’une victime, mais volent aussi des données et menacent de les divulguer publiquement si aucune rançon n’est payée. Cette menace d’exposition est souvent ce qui place une organisation sur une liste publique de victimes, car les gangs de ransomwares tiennent fréquemment des sites de fuite spécialement conçus pour faire pression sur les cibles afin qu’elles paient.

Cette dynamique s’est répétée à maintes reprises dans tous les secteurs. Des entreprises de construction et d’ingénierie, des organismes gouvernementaux, des compagnies aériennes et des détaillants se sont tous retrouvés cités sur des sites de fuite de ransomwares après que les attaquants ont affirmé avoir exfiltré des données sensibles. Par exemple, l’attaque revendiquée par le groupe de ransomware Play contre Kreysler & Associates a suivi exactement ce mode opératoire : une menace de fuite utilisée comme levier, la victime étant nommée publiquement avant même que la demande de rançon ne soit résolue. De même, une seule opération de ransomware a été liée à des violations de données chez l’ANC sud-africain, SAA et Pick n Pay, montrant comment un seul groupe peut accumuler un large éventail de victimes très médiatisées dans des secteurs sans lien entre eux en peu de temps.

Le nombre croissant de groupes de ransomwares actifs mentionnés dans les rapports de la National CIO Review correspond à ce schéma. Plus de groupes opérant simultanément signifie plus de sites de fuite, plus de victimes revendiquées et plus de campagnes de pression menées en parallèle, ce qui contribue à expliquer pourquoi le nombre mensuel de victimes a presque doublé au lieu d’augmenter progressivement.

Les conséquences pour la vie privée des utilisateurs ordinaires

Si les gros titres sur les ransomwares ont tendance à se concentrer sur les organisations touchées, les conséquences pour la vie privée se répercutent sur les personnes dont ces organisations détiennent les données. Lorsqu’un groupe de ransomware vole des données avant de chiffrer un réseau, ces données dérobées incluent souvent des dossiers clients, des informations sur les employés, des données financières ou des données de santé, selon le secteur d’activité de la victime. Même si une entreprise refuse de payer et restaure ses systèmes à partir de sauvegardes, les données volées peuvent toujours finir par être publiées ou vendues si les attaquants mettent leurs menaces de fuite à exécution.

C’est pourquoi la hausse du nombre de victimes n’est pas qu’un problème informatique d’entreprise. Chaque nouveau nom ajouté à un site de fuite représente potentiellement des milliers de personnes dont les informations personnelles sont désormais exposées à un risque de divulgation, d’usurpation d’identité ou d’hameçonnage ciblé. L’ampleur documentée dans ce rapport, avec un nombre de victimes passant d’une moyenne de 484 à 775 par mois, se traduit par un réservoir nettement plus large de personnes qui pourraient devoir s’inquiéter de voir leurs données circuler hors de leur contrôle.

Ce que cela signifie pour vous

Pas besoin de gérer un réseau d’entreprise pour être touché par cette tendance. Si vous êtes client, employé ou patient d’une organisation, vos données peuvent être emportées dans une violation que vous n’avez pas contribué à provoquer. Quelques mesures pratiques peuvent réduire votre exposition :

  • Partez du principe que tout compte lié à une organisation avec laquelle vous interagissez pourrait un jour faire partie d’une violation, et utilisez des mots de passe uniques pour chaque service afin qu’une fuite ne se propage pas à d’autres comptes.
  • Activez l’authentification multifacteur partout où elle est proposée, car des identifiants volés sont bien moins utiles aux attaquants si une seconde étape de vérification est requise.
  • Surveillez les e-mails de notification des entreprises avec lesquelles vous faites affaire et prenez les avis de violation au sérieux plutôt que de les considérer comme banals.
  • Envisagez un gel de crédit ou une alerte à la fraude si vous êtes informé que vos données ont été impliquées dans un incident de ransomware, en particulier si des informations financières ou d’identité étaient incluses.

L’essentiel

La hausse des victimes de ransomwares divulguées publiquement, et surtout la nette accélération au cours de la seconde moitié de la période considérée, indique que la cybercriminalité fondée sur l’extorsion devient plus organisée et plus fréquente au lieu de plafonner. Pour les organisations, cela signifie une pression renouvelée pour renforcer les défenses et les plans de réponse aux incidents. Pour les particuliers, c’est un rappel que la protection des données n’est plus seulement une responsabilité d’entreprise ; c’est une responsabilité partagée. Se tenir informé des secteurs ciblés et pratiquer une hygiène de base des comptes reste l’un des moyens les plus efficaces de limiter les retombées personnelles lorsque la prochaine vague de victimes de ransomwares fera la une.